Fellation,
cunnilingus et cancer…
Le
papillomavirus humain (HPV), dont le rôle a été établi
dans la majorité des cancers du col de l'utérus
est mis en cause cette fois dans les cancers de la
bouche et de l'oropharynx. Une équipe de l'Agence
Internationale de Recherche sur le Cancer (IARC) de
Lyon vient de mener une étude afin de rechercher la
présence de papillomavirus humains dans les tumeurs
de la cavité buccale. Les médecins savent depuis longtemps
que ce type de cancer est causé essentiellement par
le tabagisme et l'alcoolisme, mais certains cas
restaient inexpliqués.
L'équipe
de l'IARC a donc procédé à une étude sur neuf
pays. Les résultats sont intéressants. Les papillomavirus
ont été retrouvés dans presque 4 % des tumeurs
de la bouche et dans plus de 18 % des tumeurs
de l'oropharynx. Dans 95 % des cas, il s'agissait
du HPV 16, le plus souvent impliqué dans les cancers
du col de l'utérus. Ce virus est retrouvé moins
fréquemment dans les tumeurs des fumeurs que chez les
personnes qui déclaraient avoir plusieurs partenaires
sexuels ou pratiquer la fellation ou le cunnilingus.
Des
recherches complémentaires devront être mises en place
afin de prouver que ces pratiques sexuelles sont bien
responsables de ces infections buccales. Pas de panique
pour autant, l'alcoolisme et le tabagisme restent
responsables de 90 % des cancers de la cavité buccale.
Les
papillomavirus faisant partie de la grande famille
des maladies sexuellement transmissibles, le meilleur
moyen de limiter les risques reste donc le préservatif.
Source : JNCI,
Dec 2003, vol 95, n°23, 1772-17783 |